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Beschreibung
vor 13 Jahren
Aujourd'hui nous continuons notre exploration des usages des
différentes générations. Après les pré-ados et les jeunes
retraitées, nous donnons la parole à deux octogénaires qui
partagent avec nous leur vision sur notre société: Willie Anhorn,
ancien commercial, et Edouard Mancini, ingénieur à la retraite. En
reprenant le slogan de l'émission, on leur demande si 21ème siècle
est une bonne idée: "le 20ème ne laissera en tous cas pas un très
bon souvenir. Le problème du 21ème est le manque de travail. Mais
ce qui est formidable, ce sont les avancées technologiques qui
permettent par exemple le travail à domicile pour beaucoup de gens.
Il y a un potentiel incroyable grâce à l'informatique. C'est un
siècle agréable à vivre, et non pas à subir. Il y a cette espace
qui s'est ouvert, un espèce de partage universel dans beaucoup de
domaines dont on n'aurait pas eu ni l'idée ni la possibilité quand
on avait 35 ans". Qu'est-ce qui était différent pendant leur
jeunesse? Sur les études, "on ne tutoyait pas le professeur, il y
avait plus de respect. Ainsi qu'une plus grande rigueur. Et on ne
nous apprenait pas les choses comme on remplit une bouteille. On
recevait les choses comme une connaissance. ". La démocratisation
de l'accès aux études est-elle une bonne chose? Pas vraiment, car
on ne se rend plus compte de la chance qu'on a d'apprendre. Et "en
ce moment il y a une interface qui n'est pas comblée, entre ce que
l'on a appris et ce dont on a besoin". Edouard Mancini a également
l'impression que l'écrit se perd, que les jeunes ne parlent plus
aussi bien qu'avant. "La langue ne se conçoit que par l'écrit" nous
dit-il, sans que nous soyons forcément d'accords avec lui. A
propose de l'information immédiate, toujours plus présente dans nos
vies, Willie Anhorn considère que c'est un "problème de société,
car on vit sous le coup de l'émotion. Ce faisant, on réagit trop
rapidement, en occultant un tas d'autres problèmes qui demandent un
examen plus approfondi. L'instantanéité nous apporte surtout des
catastrophes." Y avait-il une peur de l'avenir constante pendant
leur jeunesse? "Non non non pas du tout, parce que les catastrophes
il y en avait eu suffisament. A la fin de la seconde guerre
mondiale le monde entier était plein d'espoirs et voulait
construire un monde nouveau". Et le sentiment d'infobésitè? Edouard
Mancini ne le ressent pas, car il gère son flux d'information,
"sinon c'est comme la télévision, on réagit à chaque fois que son
système émotionnel se met en marche on ne vit plus". "Entre
l'imaginaire et la réalité est venu s'intercaler le virtuel. Et le
virtuel on ne le maîtrise pas parce qu'il ne nous appartient pas".
A propos du téléphone portable: "c'était un appareil fantastique
tant que l'on pouvait simplement téléphoner et envoyer des SMS.
Maintenant que l'on peut tout faire avec, il est beaucoup moins
intéressant parce que c'est trop compliqué. Par contre le fait
d'avoir un téléphone sur soi est rassurant". L'arrivée de
l'informatique au travail, dans les années 80? Edouard Mancini:
"C'était formidable, tout le personnel a trouvé ça magnifique. En
une demie-heure trois quarts d'heure on faisait le travail d'une
semaine. La technologie n'a pas été vue comme une menace qui nous
mettrait au chômage, mais plutôt comme une opportunité. Je ne me
souviens pas de sentiments de résistance". Pour Willie Anhorn,
l'informatique est arrivée par sa fiduciaire, alors qu'il était
"totalement innocent" ;) Dans son petit commerce il a falllu
trouver la place pour mettre un ordinateur de 90cm de large sur 70
de haut! Du coup l'informatique a été installée à la maison, et la
barrière entre vie privée et travail est tombée. Comme quoi les
questions de séparation entre travail et maison ne datent pas
d'hier. La technologie nous socialise-t-elle? Willie Anhorn nous
dit "avoir ouvert un compte Facebook sur le conseil de ses petits
enfants", pour finalement se retrouver "submergé de messages des
différents partis politiques". "La technologie ne nous isole pas le
moins du monde". On parle ensuite de la courbe d'innovation: pour
internet, on a d'abord rejeté cette technologie comme "un truc de
geek", puis ensuite il y a eu un enthousiasme aveugle des années de
"bulle" suivies d'un plateau de productivité autour de 2005. Est-ce
que la même chose s'est passée avec la télévision ou le téléphone,
deux inventions dont nos invités ont vécu l'arrivée dans les foyers
du monde entier? Edouard Mancini répond que "pas vraiment. J'ai
vécu le début de la radio, mon père avait ramené un poste d'un
voyage. C'était la montée du nazisme, et les voisins venaient
écouter à la maison Adolphe qui vociférait. C'était la première
fois que nous entendions une personne sans la voir. Après la
guerre, les américains ont amené des dizaines d'innovations, comme
un festival du nouveau monde qui nous arrivait dessus. C'était une
époque beaucoup moins conservatrice qu'aujourd'hui". Est-ce que
vous vous reconnaissez dans le monde d'aujourd'hui? "On est bien
obligés, on ne peut pas ne pas se reconnaître dans son époque".
Pour finir, je leur demande un conseil à destination des jeunes qui
se sentent un peu perdus au 21ème siècle? Pour Willie Anhorn, "il
faut garder l'optimisme et la conviction. Il faut être convaincu de
ce que l'on fait, et que cela va mener à quelque-chose de bien".
Pour Edouard Mancini, "seul le résultat compte, et carpe diem!"
INVITÉS • Edouard Mancini, ingénieur retraité • Willie
Anhorn, commercial retraité Avec la complicité de Stefan Clop.
différentes générations. Après les pré-ados et les jeunes
retraitées, nous donnons la parole à deux octogénaires qui
partagent avec nous leur vision sur notre société: Willie Anhorn,
ancien commercial, et Edouard Mancini, ingénieur à la retraite. En
reprenant le slogan de l'émission, on leur demande si 21ème siècle
est une bonne idée: "le 20ème ne laissera en tous cas pas un très
bon souvenir. Le problème du 21ème est le manque de travail. Mais
ce qui est formidable, ce sont les avancées technologiques qui
permettent par exemple le travail à domicile pour beaucoup de gens.
Il y a un potentiel incroyable grâce à l'informatique. C'est un
siècle agréable à vivre, et non pas à subir. Il y a cette espace
qui s'est ouvert, un espèce de partage universel dans beaucoup de
domaines dont on n'aurait pas eu ni l'idée ni la possibilité quand
on avait 35 ans". Qu'est-ce qui était différent pendant leur
jeunesse? Sur les études, "on ne tutoyait pas le professeur, il y
avait plus de respect. Ainsi qu'une plus grande rigueur. Et on ne
nous apprenait pas les choses comme on remplit une bouteille. On
recevait les choses comme une connaissance. ". La démocratisation
de l'accès aux études est-elle une bonne chose? Pas vraiment, car
on ne se rend plus compte de la chance qu'on a d'apprendre. Et "en
ce moment il y a une interface qui n'est pas comblée, entre ce que
l'on a appris et ce dont on a besoin". Edouard Mancini a également
l'impression que l'écrit se perd, que les jeunes ne parlent plus
aussi bien qu'avant. "La langue ne se conçoit que par l'écrit" nous
dit-il, sans que nous soyons forcément d'accords avec lui. A
propose de l'information immédiate, toujours plus présente dans nos
vies, Willie Anhorn considère que c'est un "problème de société,
car on vit sous le coup de l'émotion. Ce faisant, on réagit trop
rapidement, en occultant un tas d'autres problèmes qui demandent un
examen plus approfondi. L'instantanéité nous apporte surtout des
catastrophes." Y avait-il une peur de l'avenir constante pendant
leur jeunesse? "Non non non pas du tout, parce que les catastrophes
il y en avait eu suffisament. A la fin de la seconde guerre
mondiale le monde entier était plein d'espoirs et voulait
construire un monde nouveau". Et le sentiment d'infobésitè? Edouard
Mancini ne le ressent pas, car il gère son flux d'information,
"sinon c'est comme la télévision, on réagit à chaque fois que son
système émotionnel se met en marche on ne vit plus". "Entre
l'imaginaire et la réalité est venu s'intercaler le virtuel. Et le
virtuel on ne le maîtrise pas parce qu'il ne nous appartient pas".
A propos du téléphone portable: "c'était un appareil fantastique
tant que l'on pouvait simplement téléphoner et envoyer des SMS.
Maintenant que l'on peut tout faire avec, il est beaucoup moins
intéressant parce que c'est trop compliqué. Par contre le fait
d'avoir un téléphone sur soi est rassurant". L'arrivée de
l'informatique au travail, dans les années 80? Edouard Mancini:
"C'était formidable, tout le personnel a trouvé ça magnifique. En
une demie-heure trois quarts d'heure on faisait le travail d'une
semaine. La technologie n'a pas été vue comme une menace qui nous
mettrait au chômage, mais plutôt comme une opportunité. Je ne me
souviens pas de sentiments de résistance". Pour Willie Anhorn,
l'informatique est arrivée par sa fiduciaire, alors qu'il était
"totalement innocent" ;) Dans son petit commerce il a falllu
trouver la place pour mettre un ordinateur de 90cm de large sur 70
de haut! Du coup l'informatique a été installée à la maison, et la
barrière entre vie privée et travail est tombée. Comme quoi les
questions de séparation entre travail et maison ne datent pas
d'hier. La technologie nous socialise-t-elle? Willie Anhorn nous
dit "avoir ouvert un compte Facebook sur le conseil de ses petits
enfants", pour finalement se retrouver "submergé de messages des
différents partis politiques". "La technologie ne nous isole pas le
moins du monde". On parle ensuite de la courbe d'innovation: pour
internet, on a d'abord rejeté cette technologie comme "un truc de
geek", puis ensuite il y a eu un enthousiasme aveugle des années de
"bulle" suivies d'un plateau de productivité autour de 2005. Est-ce
que la même chose s'est passée avec la télévision ou le téléphone,
deux inventions dont nos invités ont vécu l'arrivée dans les foyers
du monde entier? Edouard Mancini répond que "pas vraiment. J'ai
vécu le début de la radio, mon père avait ramené un poste d'un
voyage. C'était la montée du nazisme, et les voisins venaient
écouter à la maison Adolphe qui vociférait. C'était la première
fois que nous entendions une personne sans la voir. Après la
guerre, les américains ont amené des dizaines d'innovations, comme
un festival du nouveau monde qui nous arrivait dessus. C'était une
époque beaucoup moins conservatrice qu'aujourd'hui". Est-ce que
vous vous reconnaissez dans le monde d'aujourd'hui? "On est bien
obligés, on ne peut pas ne pas se reconnaître dans son époque".
Pour finir, je leur demande un conseil à destination des jeunes qui
se sentent un peu perdus au 21ème siècle? Pour Willie Anhorn, "il
faut garder l'optimisme et la conviction. Il faut être convaincu de
ce que l'on fait, et que cela va mener à quelque-chose de bien".
Pour Edouard Mancini, "seul le résultat compte, et carpe diem!"
INVITÉS • Edouard Mancini, ingénieur retraité • Willie
Anhorn, commercial retraité Avec la complicité de Stefan Clop.
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