Faut-il venir d’un pays qui a traversé la guerre civile et obtenu
l’indépendance au bout du fusil pour chérir, sans mauvaise
conscience, l’héritage de notre civilisation?
Kamel Daoud est Algérien, journaliste, romancier et un
observateur unique de ce déclinisme qui nous gangrène.
“ La figure la plus fascinante en Occident, c'est le
crucifié, le martyr. Vous êtes une culture à la fois de
l'agression et de culpabilité, et c'est pour ça qu'on vous
culpabilise très facilement, que vous êtes une société divisée en
deux.”
Pourtant, avons-nous déjà vu des réfugiés, illégaux, partir de
Syrie ou de Libye pour cogner à la porte de l’Arabie Saoudite, de
la Russie ou de la Chine ?
Comment expliquer que ceux qui nous livrent la guerre sainte
rêvent aussi d’envoyer leurs enfants vivre et étudier en
Allemagne ou en France ?
Des questions fécondes, fascinantes qui émergent dans un des
dialogues les plus musclés et exigeants de la courte aventure de
Contact.
Une conversation sur la crête d’un volcan entre un “arabe” et un
“chrétien”, identités courtes et trompeuses qui portent en elles
les germes du malentendu.
Kamel Daoud a remporté le Goncourt du premier roman en 2015
avec Meursault, contre-enquête. Il écrit, chaque semaine, un
texte éditorial dans le magazine Le Point.
Dans notre entretien, il nous parle aussi de son envie de
briller, de son respect de l’argent, “toute liberté se paye” et
des risques de la pensée commune ; “ce qui nous dispense de
penser, c’est d’être avec le troupeau.”
Il refuse d’ailleurs, sur la question palestinienne et des
attentats du 7 octobre, de se laisser enfermer dans le
discours…attendu.
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